Témoignage de Michel Lévesque

Sans l’AAQ, aurais-je été si passionné…

Rien ne me destinait vers l’archivistique, j’étais un littéraire, un poète récompensé par un prix littéraire, un dilettante appréciant la vie au jour le jour. Mais le face-à-face entre le principe de plaisir et le principe de réalité ne m’a guère laissé de choix.

La bibliothéconomie fut un pari et l’archivistique un libre choix, soutenu par mon intérêt pour les vieux documents. Et c’est là que j’ai découvert que l’archivistique dépasse le cadre strict du « vieux document » pour circonscrire le pouvoir des mots et des images, pouvoir aussi fort qu’en littérature. Ce pouvoir multiple des documents créés et reçus et dont certains deviennent les traces mémorielles que laissent les individus, les collectivités, les peuples.

Par l’archivistique, je contribue à gérer, à conserver, à évaluer et à faire connaître ces documents. Mon but a été d’expliquer ce que je fais comme archiviste et de convaincre les personnes de l’importance de ces actions, et surtout qu’ils sont créateurs de documents historiques. Mon travail de tous les jours me permet de réaliser cette mission.

Mais au-delà de mon travail, mon implication par la rédaction d’articles, de présentations, de mémoires vise délibérément à donner un sens politique à cette nécessité toujours actuelle de faire avancer l’importance de cette profession au sein de la société.

Ce parcours est également la rencontre de personnes qui m’ont marqué par la force de leur conviction, leurs discours professionnels, leurs réalisations, leurs doutes, leurs coups de gueule.

Et c’est par l’Association des archivistiques du Québec que plusieurs de ces rencontres ont pu avoir lieu. Quoi de mieux que de pouvoir participer à un rassemblement de semblables qui ont tous à cœur la même passion. Quoi de mieux qu’une association pour s’impliquer et aller jusqu’au bout pour influencer, faire bouger, démontrer la force de notre discipline et de notre profession. Et du comité de la revue Archives, et du comité des affaires professionnelles, et de responsable des affaires législatives et, pourquoi pas, de président. C’est là que ma passion m’a conduit. Pouvoir la vivre, c’est cela le grand cadeau que l’Association des archivistes m’a offert en côtoyant ces femmes et ses hommes investis comme moi à travailler collectivement, solidairement pour faire avancer l’archivistique.

L’association des archivistes du Québec a 50 ans. Sa persistance souligne sa force et sa sagesse. Elle est notre mémoire archivistique. Je lui souhaite cette continuité pour qu’elle la grave en nous, archivistes, au fil des générations, à perpétuité.

Michel Lévesque