Témoignage de Florence Ott

Peu importe le continent, une association reste la patrie de tout professionnel

Jeune archiviste du côté du Nouveau monde, nouvelle enseignante d’un jeune programme francophone en gestion de l’information de l’université de Moncton, campus de Shippagan aux confins d’une Acadie que je découvre depuis mon arrivée en 2006, je me sens à nouveau pionnière et exploratrice d’un monde au passé encore à redécouvrir.

Pourtant je suis riche aussi des apports du Vieux continent, d’une culture française qui m’a initiée à la rigueur de l’analyse archivistique, des projets de sauvegarde d’archives dans les entreprises en assurant la direction du Centre Rhénan d’Archives et de Recherches Économiques de Mulhouse de 1985 à 2005. Je suis une ancienne étudiante et enseignante d’archivistique de l’université de Haute-Alsace à Mulhouse en France et également l’ancienne secrétaire de 1985 à 1990 de l’Association des diplômés en archives et documentation de Mulhouse, la plus ancienne formation d’archivistique en France en dehors de l’école des Chartes.

Cette association créée en 1980 a beaucoup œuvré pour faire reconnaître la profession dans les municipalités et les entreprises en encourageant la collaboration entre les diplômés et les étudiants afin de rassembler tous les atouts de son côté et aider à prodiguer un enseignement qui soit réalisé avec le soutien de professionnels.

C’est pourquoi, faisant partie d’une minorité francophone dans la province bilingue du Nouveau-Brunswick, un peu solitaire, j’ai tout de suite adhéré à l’AAQ que j’avais appris à connaître par ses publications de qualité et son rôle fondamental de fédération des archivistes francophones canadiens. J’aime ses congrès qui nous enrichissent mutuellement, son ouverture dans la profonde mutation actuelle, où la compétition est vive et l’adaptation indispensable, où l’omniprésence de l’information nous transforme en gestionnaire, mais nous rend aussi garants d’une mémoire toujours plus grande et plus multiforme.

Un anniversaire, moment de célébration très apprécié de tout archiviste où les archives reprennent leur importance, cinquante ans d’actions, de collaborations, de transmission des expériences et surtout de lien entre les générations pour que se continue un partage professionnel exaltant et passionnant.

Florence Ott