Témoignage de Claude Minotto

Le rendement et la reconnaissance

Depuis une douzaine d’années maintenant, une bourse de $1500,92 accompagne le prix annuel de l’AAQ décerné à l’auteur du meilleur article de la revue Archives. Quoique modestement décimale, la portion de $0,92 témoigne de beaucoup de choses. À première vue, c’est un simple rappel de l’origine du fonds derrière la bourse, le Comité organisateur du Congrès international des Archives à Montréal en 1992 (il y a donc 25 ans). J’ai eu l’honneur d’être étroitement associé à la tenue de ce congrès à titre de directeur exécutif du Comité organisateur, à la demande conjointe de Robert Garon, alors conservateur des ANQ, et de Jean-Pierre Wallot, Archiviste national du Canada. Aujourd’hui disparus, ainsi que Richard Juneau qui fut trésorier de la corporation du Comité organisateur, ces collègues ont toujours ma gratitude ainsi que mon souvenir ému … et tous mes reproches pour nous avoir quittés si tôt.

Ainsi je voudrais souligner que les $0,92 témoignent aussi de tout ce qui suit et bien davantage. D’abord, l’enthousiasme et la rigueur des archivistes qui ont fait de ce congrès de 1992 un événement profitable à tous égards, et non déficitaire, comme c’est malheureusement bien souvent le cas dans d’autres organisations professionnelles. Ensuite, les $0,92 marquent la reconnaissance et la récompense justifiées envers l’AAQ dont les membres se sont dévoués en 1992 et envers les auteurs dont les efforts et le talent contribuent au rayonnement national et international de notre discipline. Enfin, les $0,92 sont un encouragement à poursuivre ce travail!

Le Congrès international de 1992 a notamment propulsé les normes de description à l’échelle mondiale. Il a aussi enfanté l’AIAF (Association internationale des archives francophones) qui à son tour a favorisé l’émergence du PIAF, portail de formation et d’information sur lequel tant d’archivistes se sont illustrés et instruits.

Bref, en cette année du 50e anniversaire de l’AAQ, ces $0,92 témoignent des leviers accessibles à la profession.

Pour ma part, c’est la performance et la modernisation technologique de la pratique archivistique qui ont retenu mon attention jusqu’à la fin de ma carrière. Et je remercie l’AAQ qui a toujours fait écho à ces préoccupations pour la mémoire de la société.

Claude Minotto