Témoignage de Gilles Héon

Souvenirs de présidence

Dès mon adhésion à l’Association en mai 1970, j’ai été appelé à y faire ma première prestation professionnelle lors de sa réunion générale printanière. Quel accueil et quel encouragement à la fois, relevés par Mgr Victor Tremblay du Saguenay, chargé de me remercier ! Depuis lors, l’Association m’a gratifié d’un réseau sans cesse élargi de collègues québécois et étrangers dont plusieurs enrichissent encore le cercle de mes amis les plus fidèles. Elle a accueilli mes travaux et réflexions tant dans la revue Archives et La Chronique que lors d’interventions dans ses congrès annuels et rencontres régionales. Que d’évènements ont parsemé toutes ces années ! Qu’on me permette de rappeler trois souvenirs de mon mandat à la présidence de notre Association.

Comment oublier la première Journée québécoise des archives en octobre 1976 ? Conçue comme moyen de promotion et de reconnaissance professionnelle, elle voulait toucher le plus large public possible de même que nos partenaires culturels. Articles de presse et rencontres diverses ont rejoint, outre les lecteurs des journaux nationaux et régionaux, plus de 330 personnes venues assister à nos activités dans cinq régions du Québec. Ces journées furent maintenues d’une année à l’autre jusqu’à ce qu’elles soient englobées dans les Semaines de la culture organisées par le ministère des Affaires culturelles.

Vous rappellerai-je aussi ce délicat incident diplomatique survenue au 8e congrès du Conseil international des archives à Washington. En lien avec la Délégation générale du Québec à New York, nous avions invité à dîner des représentants d’associations d’archivistes de France, de Belgique, de Suisse, du Sénégal et des Antilles dans le but de susciter la création d’un regroupement international d’archivistes francophones. Dans les heures qui l’ont précédée, nous avons dû modifier le sens de cette rencontre, mal perçue par les dirigeants français du CIA. Dur apprentissage des voies diplomatiques !

Et finalement, un souvenir qui m’est particulièrement cher. Pour la séance inaugurale du congrès de 1976, nous voulions inviter Mgr Félix-Antoine Savard, poète et auteur parmi les plus grands de chez nous. J’ai donc timidement frappé à sa porte pour lui transmettre notre invitation. L’octogénaire me reçut avec grâce et générosité, me dédicaçant même son récent Carnet du soir intérieur. Son appel «Archives, arca, arche, coffre, trésor ! Archivistes, gardiens des trésors de la mémoire !» résonne encore dans mon cœur.

Fier membre de l’Association depuis plus de 46 ans, j’y demeure toujours fidèle. Donner à l’Association et s’engager pour elle, j’en suis convaincu, ne peuvent que générer bénéfices professionnels et épanouissement personnel. Que notre Association vive encore longtemps à l’avantage de ses membres certes, mais aussi de tous les Québécois !

Gilles Héon, membre émérite