Témoignage de James Lambert

La demande de ce témoignage arrive juste à temps ; dans 40 ans, je ne serai peut-être plus là pour livrer ces précieux souvenirs.

Mes souvenirs les plus forts concernant l’AAQ sont naturellement les trois années passées au sein du comité exécutif au milieu des années 1990. Vingt ans plus tard, il s’agit plutôt d’impressions que d’images:-tôt le matin, prendre l’autocar « Québec-Montréal » pour assister aux réunions du CE, CA, BCA, CCA ; –le soir à l’hôtel, réviser le bon déroulement des sessions, relire les rapports, réfléchir ; – présider les réunions… _ tous les mois, l’angoisse toujours présente face au « Mot du Président » à remettre à La Chronique avant la date butoir, l’année de ma présidence (1995/1996). (En relisant ces textes, je constate par les impressionnantes citations savantes que j’y insérais que ma lecture d’Antoine de St-Exupéry remonte à l’été 95…)

C’était une période de transition administrative qui s’annonçait difficile et stimulante. L’AAQ, dont les finances étaient plus équilibrées que par le passé, mais toujours fragiles, a su, dans ces années-là, introduire des mesures visant à solidifier sa santé financière grâce à un exécutif visionnaire. Et voilà le souvenir le plus cher à mes yeux, de ces années qui étrangement me semblent si éloignées et si proches. Hélène Bernier, Albert Cyr, Michel Prévost, Simon Richard, comme président, j’ai été béni de cet exécutif de rêve, et j’en avais bien besoin, leur compétence et leur ouverture d’esprit m’étaient nécessaires pour calmer une vulnérabilité que je ne cessais de ressentir. À ces noms se greffent ceux de présidents de comités avec qui nous travaillions le plus étroitement, Linda Chabot, Victorin Chabot, Louise Gagon-Arguin. Sans être toujours en accord sur tout, nous baignions dans une atmosphère de respect mutuel, et même de camaraderie. Et nonobstant les finances qui nous rappelaient toujours à l’ordre, nous avons décidé, avec la bénédiction du trésorier éclairé qu’était Albert Cyr, de porter deux mesures risquées qui, nous le croyions, assureraient l’avenir de l’AAQ : une structure équitable des cotisations basée sur le revenu des membres et la mise en place d’une direction générale.

Je dois à l’AAQ un enrichissement intellectuel indéniable sur le plan archivistique grâce aux sessions de perfectionnement auxquelles j’ai participé, mais c’est à ces trois années d’intense engagement dans les « affaires » de l’Association, que je lui suis redevable du plus grand enrichissement qui m’a été accordé, celui, humain, de me sentir partie d’un petit groupe d’hommes et de femmes admirables, soudés par le sentiment que, ensemble, ils accomplissaient de bonnes choses.

James Lambert