Témoignage de Marc Lacasse

Tout comme pour le travail en archives, il faut prendre un certain recul, faire une sage pause, afin de mieux apprécier la somme des expériences et évaluer le chemin parcouru jusqu’au moment présent. Ici s’amorce une réflexion issue d’une expérience de plus de 25 ans dans le domaine. Une expérience à laquelle l’Association n’est pas étrangère.

Ainsi, lorsque l’on m’a demandé si je pouvais faire un témoignage, j’ai dit ouin!  Ensuite je me suis posé la question : pourquoi moi ! Puis je me suis demandé quel digne témoignage de ma profession je pourrais apporter et l’impact de l’Association dans mon cheminement!  Enfin et surtout, je me suis dit quand — au travers de la folie quotidienne au bureau et des engagements — pourrais-je m’arrêter pour poser ce regard ?  Bref, j’aurais dû procéder inversement en répondant : noui ! mais je n’ai pas le temps ! je ne témoignerai qu’en présence d’un avocat ! À d’autres que moi de faire cela ! Finalement, c’est quand même pas pire l’Association des archivistes !

Avec le recul, je pourrais dire qu’une saine insouciance a guidé mes pas dans mon « engagement » au sein de l’Association !  À l’époque, jeune diplôme du certificat en archivistique, je ne connaissais l’Association que de nom. Elle cherchait quelques personnes pour faire du bénévolat. J’acceptai une mission. Ce devait être l’année de la chute du mur de Berlin…

Le temps passa et cela me permit d’affirmer mon intérêt personnel et professionnel pour les archives et d’obtenir une maîtrise dans le domaine. Des membres de la force associative rôdaient toujours ! Selon mon souvenir, je fus recruté par l’agent YAL ! Il est toujours actif, alors gardons son anonymat incertain. Je « bénévolais » encore une fois dans différentes affaires. Dont une concernant le développement d’un outil de communication nouveau genre : un site web pour l’Association. Le monde s’ouvrait alors sur «l’inforoute de l’information»  qui allait offrir au monde un accès aux connaissances grâce à des modems qui, au top du techno de l’époque, prétendaient atteindre 56 k via ligne téléphonique… inutile de souligner que le monde des sceptiques l’avait surnommée « l’info-proute de l’information ! ».

Ce fut dès lors une succession de missions. C’est probablement au cours de l’une d’elles — un congrès — que je respirai pour la première fois de l’opium. Ou était-ce de l’hélium?  Bref, la substance se trouvait dans des ballounes récupérées de la soirée du banquet. Nous avions formé un sous-comité ad hoc pour la circonstance… Mais ce n’est pas à la substance que je suis resté accro. Plutôt à l’autre : l’Association.

Il est indéniable que l’Association est une voie incontournable pour établir et développer un réseau professionnel lors de mes débuts, parfaire ma formation, développer mes compétences et aller de l’avant sur le plan professionnel. C’est par l’implication dans l’Association que j’ai rencontré des collègues de mon âge, ou plus âgés, ou plus jeunes, avec des expériences diverses, que j’ai pu établir un réseau et des sous-réseaux me permettant d’échanger des connaissances, des questionnements, des suggestions, participer à des activités innovantes. J’ai œuvré de contrat en contrat touchant les archives et plus souvent les documents administratifs durant quelques années avant de jouer le rôle de cadre dans une organisation. Cela fera 20 ans en 2017. Presque la moitié de la vie de l’Association. L’Association devient en quelque sorte une extension du milieu académique. Comme un banc d’école — repliable — que l’on apporte avec soi constamment. Y adhérer, c’est en quelque sorte l’adopter. Mais c’est aussi un engagement. Il suffit tout de même d’y trouver sa voie.

Marc Lacasse