Témoignage de Louise Gagnon-Arguin

D’hier à demain ; l’AAQ pour moi…

Un jour, un employé du cégep où j’enseignais découvre la mosaïque des premiers finissants de l’ancien collège classique. Quelques photos commencent déjà à s’abimer par l’humidité. Comble de malheur, celle du directeur du cégep est parmi celles-là. S’il en est ainsi de ce document sommairement protégé, dans quel état et surtout où sont tous ces documents, témoins de l’histoire de l’institution ?

Branle-bas de combat ! La volonté des gestionnaires de corriger la situation est vite manifeste. À la recherche de personnel susceptible de prendre en charge l’évaluation de la situation et le traitement approprié de ces archives s’ajoute la recherche de financement, d’espace d’entreposage, d’ameublement spécialisé, etc.  C’est ainsi que démarre le travail de gestion des documents de cette institution. Étant déjà dans le domaine de la documentation, ayant de l’intérêt professionnel pour les archives par les travaux menés dans le cadre de mes études de maîtrise, ayant tissé des liens avec le milieu archivistique régional, je suis naturellement amenée à travailler activement à ce projet.

Mais où se situe le rôle de l’AAQ dans cet événement ? Dès le départ de cette aventure, je deviens membre de l’AAQ ainsi que le personnel affecté à ce projet, étant convaincus d’y trouver un lieu propice à des échanges d’expériences liées aux différents aspects de cette discipline naissante au Québec au début des années 1970. Et nous n’avons pas été déçus…

Une autre expérience que j’aimerais rappeler par rapport à ma relation avec l’Association est celle qui m’a amenée, dans le cadre de mes études doctorales, à étudier l’évolution de l’AAQ, partie prenante du développement de la profession et de la discipline au Québec. J’ai été à même alors de mesurer le dynamisme qui l’a habitée dès sa fondation, de à constater les luttes dans lesquelles elle a inscrit son action et à estimer la diversité de ses engagements. La préoccupation de ses fondateurs et la mise en place d’une association regroupant les archivistes québécois ont constitué le « fer de lance » dont les effets se sont multipliés sur plusieurs plans tant professionnel, disciplinaire, social que politique, et ce, tout au cours des 50 dernières années. On ne peut qu’admirer le travail de tous ses artisans, que ce soit par l’action de ses dirigeants que par l’implication des personnes qui ont joint ses rangs au fil des années.

L’AAQ, c’est aussi pour moi un lieu d’engagement. Par diverses contributions au sein de plusieurs comités ou différentes activités, et ce, depuis plusieurs années, j’y ai développé des relations professionnelles et amicales des plus enrichissantes. En passant le « témoin », je souhaite que l’Association continue d’apporter aux archivistes d’aujourd’hui et de demain, un lieu d’échanges d’expertises et de développement personnel et professionnel, mais en rappelant, toutefois, que l’engagement de chacun en constitue une condition essentielle.

Louise Gagnon-Arguin