Témoignage de Germain Bonneau

 

Comment aborder, et surtout comment raconter, ma longue relation d’amitié avec l’AAQ ? Parce qu’avant tout, nous aimons nous faire raconter des histoires…

Québec, 1989. J’ai 40 ans. Je m’inscris, pour la première fois, à l’université : du certificat, je saute à la maîtrise en archivistique à l’université Laval. Ma vie change un peu. Je découvre un continent, un monde, un univers. Je fais des rencontres marquantes : sans toutes les nommer, ces personnes, que j’appelle des phares, je les rencontrerai de nombreuses fois au cours des années.

Montréal, hiver 1993. Aussitôt débarqué, je m’implique dans l’AAQ. Vous parlerai-je de mes 10 années au Comité de rédaction de La Chronique ? De ma présence à la Direction de Montréal et au conseil d’administration de l’AAQ ? De mon apport – oh ! bien modeste – à la revue Archives ? De ma contribution aux communications, à l’animation ou à la logistique de nombreux congrès, depuis celui, mémorable, de 1995 ?

Eh, non ! Nous aurions tous à peu près les mêmes choses à dire à propos de ces événements et activités. Quoique… J’admets que l’aventure du banquet-bénéfice du 30° anniversaire de l’AAQ en 1997 – souvenez-vous-en ! – mériterait bien quelques lignes…

Mais si je devais faire le compte, je n’ai, somme toute, qu’essayé de rendre à mon association au moins autant que ce que j’en ai reçu. J’ose l’avouer : ma carrière eût certainement été différente si, dès le début, je n’avais eu l’immense opportunité de pouvoir rencontrer les archivistes de la région de Montréal. Je n’étais pas bien connu et je ne connaissais à peu près personne du milieu archivistique à Montréal, hormis ceux qui m’avaient enseigné.

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous », disait Paul Éluard. Et le premier de ceux-là a été la rencontre des dirigeants de l’AAQ pour la région de Montréal. Synchronicité, concours de circonstances ? Toujours est-il qu’à peine un mois après mon arrivée, je me suis retrouvé à la direction régionale !

Les années suivantes ont été foisonnantes d’activités qui, en plus de m’enrichir sur le plan de la connaissance, compte tenu des formations et des activités que nous devions mettre sur pied et animer, m’ont mené à la rencontre de collègues de milieux d’une diversité aussi grande que leurs champs de pratiques. Je m’en voudrais de ne pas saluer ici celles que, respectueusement, j’appelle « les bonnes sœurs », femmes exemplaires, étonnantes par leur soif d’apprendre et leur désir « d’être dans le siècle » …

Petit saut dans le temps : en 2012, je reçois un appel de l’ÉBSI : on m’invite à poser ma candidature pour une charge de cours, un rêve que je ne croyais plus voir se réaliser. Voilà bien un autre effet de ce réseautage dont mes étudiants entendent tant parler.

L’enrichissement, aussi bien personnel que professionnel, la générosité, la solidarité, voilà ce qui caractérise ma relation avec l’AAQ. Sans l’Association, je n’aurais sans doute pas pu tisser tant de liens avec tant de personnes dynamiques, intéressantes et stimulantes, toutes relations qui se sont raffermies dans le temps et qui, parfois, se sont transformées en amitié durable. Ne serait-ce pas là la vraie richesse ?

Germain Bonneau