Témoignage de Murielle Doyle
Membre émérite 1992
Présidente 1989-1990

Que de souvenirs remontent à ma mémoire lorsque j’évoque l’anniversaire de notre association professionnelle. J’en suis devenue membre avant même d’amorcer ma carrière en archivistique. En effet, alors que je terminais mon certificat en archivistique à l’Université Laval, un de mes professeurs, François Beaudin, m’avait recrutée avec une de mes consœurs, pour devenir membre de cette jeune association. Si mon souvenir est fidèle, ma carte d’adhésion portait le numéro 198.

Ma participation à l’Association des archivistes du Québec s’est avérée d’un support indéniable dans le développement de ma jeune carrière. J’y ai côtoyé des personnes compétentes et engagées envers cette profession qu’elles avaient à cœur de développer au Québec. Ce support professionnel a été quintuplé par ma présence au sein du Conseil de l’Association dès 1971. La participation à ce forum m’a permis d’acquérir des connaissances pratiques des plus profitables en début de carrière. Et très tôt, l’AAQ m’a invitée à communiquer les fruits de ma jeune expérience d’archiviste municipale, lors de communications aux étudiants en archivistique ou par le biais d’articles à l’intérieur de la revue Archives, dont j’ai plus tard assuré la direction à deux reprises.

Ma présence au sein de ce regroupement professionnel fut aussi propice à la création d’un réseau d’amitié, dont certains segments demeurent encore actifs quelque quarante ans plus tard. J’ai souvenir de moments festifs qui ponctuaient les congrès annuels de l’Association, particulièrement lors du banquet. Les réunions des comités de l’AAQ donnaient aussi lieu à des manifestations de camaraderie et à la naissance de réseaux d’entraide, tout comme la préparation et la tenue des congrès annuels.

Parmi les retombées positives, je retiens la mise sur pied de la section gestion des documents qui a requis l’énergie de nombreux membres, et a contribué sans conteste au rapprochement de plusieurs professionnels qui œuvraient isolément au sein des ministères et des organismes gouvernementaux. Ce réseautage a par la suite grandement facilité la mise en œuvre de la Loi sur les archives, laquelle interpellait l’ensemble des entités tant gouvernementales que celles des réseaux municipal, scolaire et de la santé. J’œuvrais à cette époque (1986) aux Archives nationales du Québec et ma tâche fut grandement facilitée par la visibilité que m’avait conférée mon action au sein de l’AAQ. Je retrouvais parmi mes interlocuteurs et interlocutrices des organismes publics, les collègues avec qui j’avais travaillé à promouvoir la gestion des documents au sein de notre Association.

Mon expérience la plus marquante à l’AAQ aura sans doute été celle des trois années passées à la présidence et la vice-présidence. Elle m’aura permis de mesurer toute la maturité atteinte, le respect et la notoriété dont jouissait alors notre association sur le plan national et international, particulièrement dans la foulée de la rédaction des Règles de description des documents d’archives. Je salue cette association qui m’a aidé à grandir dans la profession que j’ai choisi d’exercer en 1970 et j’ai confiance en son avenir, compte tenu de l’importance et de la qualité de la relève archivistique au Québec.

Murielle Doyle