Témoignage de Juliette Delrieu

J’avais 3 ans le 9 décembre 1967 et je vivais à l’étranger. J’avais 40 ans en 2004 et à mon installation au Québec et à ma première inscription à l’AAQ, comme étudiante en archivistique à Québec. Mon implication bénévole dans mon association professionnelle s’est avérée, non comme une obligation, mais comme une évidence, tant il me parait important de s’investir pour des causes et des intérêts citoyens et professionnels. L’AAQ constitue une force pour la défense des intérêts de nos champs de recherche et de pratique et d’épanouissement de notre profession.

Comme bénévole et comme immigrée, j’y suis entrée comme beaucoup, comme étudiante et par la petite porte, grâce à une archiviste étudiante en anglais, au prénom prédestiné à la médiation franco-québécoise (France), qui m’a mis le pied à l’étrier, pour sa succession au secrétariat exécutif de l’AAQ. Elle m’a également donné mes premières leçons de « parlure québécoise », que j’ai retenue davantage que l’anglais… Merci France !

J’y ai d’abord été secrétaire pour le Conseil d’Administration et le Comité exécutif, durant quatre belles années, au sein de la précédente Direction générale, pour laquelle j’ai une pensée aujourd’hui, puis comme membre du Comité organisateur du 40e et recherchiste pour les auteurs du numéro spécial de la revue Archives du 40e, puis responsable de la certification professionnelle, auteure pour le Livrel, enfin présidente du congrès de Lévis en 2012, puis de Québec en 2016. J’y ai vécu 12 ans de très riches expériences et de moments inoubliables. Ainsi, l’immigrée que j’étais a appris beaucoup au sein de l’AAQ et s’est sentie de plus en plus archiviste et Québécoise.

Les racines historiques de son émergence et l’histoire de sa fondation, son développement, ses engagements, ses grands dossiers, ses Figures, ses prises de position, ses collaborations nationales et internationales, font d’elles, aujourd’hui l’association en archivistique, qui, aujourd’hui, regroupe au Québec le plus grand nombre d’adhérents.

Fêter son jubilé c’est aujourd’hui consacrer sa pertinence, son rôle dans le renforcement identitaire de notre discipline renouvelée par technologies. En réunissant universitaires, praticiens, gestionnaires, étudiants, juniors et séniors de partout dans le monde, elle offre un bassin fertile au partage des connaissances, des développements, des collaborations et des idées, dans une économie de partage et de collaboration mondiale. Succédant aux archivistes de la génération X, la génération Y prend peu à peu sa place au sein de l’AAQ, avec les ambitions et l’énergie de sa jeunesse, qui change « la couleur » de sa culture organisationnelle, et par là même celle de son nouveau logo couleur du Soleil, symbole d’énergie.

Le 50e de l’AAQ valorise son rôle historique incontestable et inaugure une aire de développements non moins stimulante et prometteuse pour les archivistes d’aujourd’hui et de demain, ceux que les seniors appellent la relève.

Merci et longue vie à l’AAQ !

Juliette Delrieu
Archiviste, Musée de la civilisation, Québec